examens tours de crétins

J’ai sept raisons pour affirmer que les examens sont une véritable nuisance, qui ne fabrique que des détraqués et des fainéants. La première raison, c’est moi. J’ai toujours été un élève attentif en classe mais très paresseux face aux leçons et aux devoirs. Cependant, à la fin de l’année, il me fallait un minimum de points et, si je me souviens bien, les examens comptaient pour le tiers (si pas la moitié) des points de l’année. Donc, après neuf mois et demi de farniente, je consacrais une semaine à étudier. J’avais une excellente mémoire. En quelques heures, je mémorisais tout un cours. Et je me payais pas mal de points, ce qui m’évitait d’être le dernier de la classe. C’est comme cela que j’ai appris à ne rien faire.

Voilà la première raison.

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Instits

La mort est toujours bouleversante. Sauf sa mort propre, puisqu’on n’y assiste jamais.

Ces trois personnes tuées mardi à Liège par un fanatique, comment ne pas y penser et en être malheureux ? Deux femmes abattues en faisant leur travail, leur devoir. Et le troisième par hasard, stupidement, parce qu’il était là.

C’est cette troisième mort qui me rend le plus triste et me bouleverse. Ce Cyril qui est mort sous les balles d’un fou, ce Cyril que je ne connaîtrai jamais, comme il devait vivre ! On le dira jamais assez, et on ne le dit guère : la seule vraie arme contre les terroristes, c’est l’éducation. Toutes les autres n’ont jamais servi à rien, qu’à protéger, ce qui n’est déjà pas mal, bien sûr, et que je salue. Soldats et policiers, oui, ils nous protègent. Provisoirement. Cyril, lui, allait être de ceux qui nous protègent réellement, puisqu’il allait être, puisqu’il aurait dû être instituteur.

J’en connais quelques-uns de ces maîtres qui travaillent dans les classes primaires, celles où tout se joue. J’en connais quelques-uns qui font partie de mes plus chers amis. Quelques-uns qui ne se doutent pas qu’ils font ce que personne d’autre ne pourra vraiment faire à leur place : éduquer des petits d’homme, leur apprendre que la vie est belle mais qu’elle a des règles qu’il faut respecter. Ces règles que le tueur fou n’a jamais apprises.

Cyril allait être de ces hommes indispensables dont notre société a tant besoin.

Il allait être de ces précieux jardiniers des esprits qu’on ne salue jamais assez.

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Tenue

Les élèves de mon école préférée (Saint-Augustin à Enghien, pour ne pas la citer) ont récemment manifesté pour pouvoir venir aux cours en bermuda. Une chère amie prof dans cet établissement me demande si je le sais. Comment ne pas le savoir : la presse en fait ses choux aux lardons ! Ce que j’en pense ? A partir du moment où les filles ont le droit de porter des pantalons, pourquoi les garçons ne pourraient-ils venir en jupe ou… en bermuda ? Je plaisante ? A peine. Ceci dit, je pense que l’habit fait le moine. Qu’un prof ne s’habille pas pour rencontrer ses élèves comme quelqu’un qui va traire ses vaches et qu’en somme… Et qu’en somme, oui, c’est l’équipe éducative qui doit décider. Ah bon ? Ah oui ! Et ceux qui ne sont pas contents de la tenue de l’école (tenue, c’est le mot qu’il faut) n’ont qu’à choisir un autre établissement. Affaire à suivre…

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Raucy, la guerre et les Juifs…

L’écrivain Claude Raucy est né à Vieux-Virton, en Gaume, en mai 1939.

On pourrait penser que pour un auteur riche d’une bonne centaine de titres, les lieux et les dates de la vie n’ont pas vraiment d’importance. Et pourtant…

Et pourtant, comment bien comprendre les romans de Claude Raucy si on ne sait pas qu’il avait un an quand ses parents ont dû se réfugier dans le sud de la France, à Belpech exactement, pour échapper à l’horreur nazie ? Dans ce département de l’Aude, ils furent accueillis avec beaucoup de gentillesse, malgré la vie assez pénible des habitants. Ils revinrent en Gaume quelques mois plus tard. De quoi parla-t-on pendant les années qui suivirent ? Des difficultés de l’exode. Du sort pénible des réfugiés. Réfugiés : c’est sans doute le mot que Claude Raucy a le plus entendu tandis qu’il découvrait le langage. Avec guerre, bombe et collabos. Et résistants, ceux dont on parlait à mots couverts, leur donnant une place privilégiée dans l’imagination d’un enfant.

De Juifs, on ne parlait pas encore. Du moins l’auteur ne s’en souvient-il pas. Les Juifs on en parla de plus en plus, mais pas tout de suite.

Claude avait un peu plus de cinq ans quand l’américain remplaça l’allemand. C’était la douceur après les phrases de haine. Le chewing-gum après les ersatz.

Et puis la guerre cessa tout à fait et l’écrivain en herbe entra à l’école primaire. Une école de paix désormais. Et petit à petit, il rencontra le mot juif en même temps qu’il découvrait que l’être humain pouvait être un monstre. Mais ce n’est que bien plus tard qu’il apprit que des petits Juifs se cachaient pas très loin de sa maison, chez un brave homme un citoyen ordinaire dont il ne soupçonnait pas la générosité.

Drôle de mélange tout ça ? Certes. Un mélange qui devait donner naissance à plusieurs livres. Le plus connu sans doute, depuis 1989, c’est Le doigt tendu, cette histoire de Juif réfugié à Saint-Mard et qui se voit trahi par son seul véritable ami. Mais cette trahison lui fait comprendre qu’à côté de la méchanceté, il y a l’accueil et la tendresse.

Le roman part de la Gaume que Raucy aimait, avec ses prés, ses vergers, ses rivières et ses forêts où se cachaient les résistants.

Toujours baigné par la Gaume, il y eut, longtemps après, Les cerises de Salomon. Toujours avec des salauds et des héros. Et des Juifs traqués.

Les années passèrent. Claude Raucy retrouva le mot réfugié. Cette fois, ce n’était plus lui. Mais il en côtoyait, tous les jours, venant d’un peu partout. De là sans doute la naissance d’un court roman, Le violon de la rue Lauriston.

Puis les problèmes de la vie se multiplièrent et se firent graves. En quoi fallait-il croire en ce 21e siècle bouleversé par un terrorisme impitoyable ? L’ouverture aux autres ne s’ouvrait-elle que sur un point interrogation ? Ce fut Où es-tu Yazid ?

Mais la Gaume était toujours dans les rêves de Claude Raucy, avec un grand-père tendre, un instituteur comme on en rêve, et des fleurs, des arbres, des oiseaux… comme on en voit de moins en moins. Mais, en arrière-fond, la guerre toujours, avec ses questions. Cette fois, l’auteur s’amusa à travailler en abyme, à introduire un texte de Raucy dans un texte de Raucy… Ce roman encore inédit s’appelle provisoirement La dernière promenade. Avant peut-être qu’un éditeur propose un autre titre.

La Gaume, les réfugiés, les Juifs… La même histoire sans doute, répétitive.

C’est l’éditeur Mijade qui propose la dernière édition du Doigt tendu.

Les cerises de Salomon sont au catalogue des éditions Weyrich, dans la collection La Traversée.

Aux éditions Ker, Le violon de la rue Lauriston et Où es-tu Yazid?

Pour La dernière promenade, il faudra encore attendre un peu…

C.R.

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Rencontres…

On me demande souvent pourquoi j’aime les rencontres avec mes lecteurs… On découvrira sur la photo ce que m’avaient préparé, à Ottignies, des apprenants de Lire Ecrire, qui avaient lu Le temps des cerises et qui savaient que c’était mon anniversaire…

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Antigone ou Créon ?

« Si je savais quelque chose qui me fût utile et qui fût préjudiciable à ma famille, je le rejetterais de mon esprit. Si je savais quelque chose d’utile à ma famille et qui ne le fût pas à ma patrie, je chercherais à l’oublier. Si je savais quelque chose d’utile à ma patrie et qui fût préjudiciable à l’Europe, ou bien qui fût utile à l’Europe et préjudiciable au genre humain, je le regarderais comme un crime. »

Voilà un texte de Montesquieu qui me venait à l’esprit en regardant un débat à la télévision. Un débat sur la loi et le droit. Un débat qui opposait des gens d’extrême-droite à des magistrats. Et j’étais horrifié d’entendre les réactions de personnes âgées à propos des réfugiés tandis que celles des jeunes me rassuraient.

Toujours l’éternel problème. Toujours Antigone opposé à Créon.

Le rôle des enseignants me semble plus que jamais important. La peste brune n’est pas si éloignée que ça et il faut la craindre plus que la grippe. Car contre elle, il n’y a pas de vaccin remboursé.

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poème récent mas pas de moi !

Un court mais excellent poème de mon ami Aurélien Dony. Je le recopie ici pour mes fidèles lecteurs.

Rien n’est plus long
Pour l’apatride

Que le chemin
Qui diminue

Le souvenir
De son pays.

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