Mozart

Souvent, mes jeunes lecteurs, à qui je dis que l’écriture me pèse, me demandent pourquoi je continue à écrire. Hier, à la radio, j’ai entendu citer cette phrase de Mozart, que je reprends à mon compte : "Pourquoi je continue à composer ? Parce que me reposer me fatiguerait plus."

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poème gris

finir ses jours dans un bistrot ancien

avec des vieux qui comptent leurs douleurs

des lampes où rêvent des mouches

l’odeur calme de trappistes tièdes

des cartes grises comme des ballasts

des familles décomposées avec un grand père qui tictaque

et parfois

– mais tu n’étais pas là –

un enfant qui s’éclabousse de rire

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Une petite virgule, de grâce !

Je sais, je sais : il y a des choses plus importantes dans la vie. Néanmoins, comment ne pas m’interroger et finalement me fâcher quand je vois mes amis (et parmi eux des écrivains et même des enseignants) ignorer l’utilisation de la virgule avec les mots mis en apostrophe ? C’est, à mon avis, être avare (tout de même, une virgule, ça ne coûte pas cher) ou ne pas avoir le sens de la langue. On m’a toujours enseigné (merci, chers profs) que l’apostrophe se met entre deux virgules.

Mais alors, cher ami, que pouvons-nous faire ?

Bien sûr si elle est en début de phrase, il n’en faut une qu’après :

Cher ami, vous me faites beaucoup de peine.

Et une seule avant si l’apostrophe est en fin de phrase :

Que pouvons-nous faire, cher ami ?

Alors, chers amis, je ne comprends pas pourquoi vos mails commencent par

Bonjour Claude.

N’ai-je pas droit à la virgule ?

Je viens de prendre une décision, même si je sais que je ne la tiendrai pas :

Je ne réponds plus aux lettres ou mails qui me volent ma virgule.

Râleur ? Si peu.

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Voyageurs

Je retrouve ce vieux poème écrit je crois sur le quai d’une gare suisse. Je l’avais tout à fait oublié, comme la plupart des textes que j’écris. Je le note ici pour qu’il en reste trace.

Voyageurs

Nous sommes bien pareils avec nos enthousiasmes

Nous sommes bien pareils et perdus et petits

Dans ce long train qui file et tisse nos marasmes

Nous sommes voyageurs d’un monde aux yeux finis

Nous sommes bien pareils encombrés de valises

Pleines de linge gris et de rires pâlis

Dans ce long train qui glisse et pousse nos méprises

Nous sommes voyageurs aux gestes raccourcis

Nous sommes bien pareils embarrassés de gares

Où les quais ont des airs de marquis d’autres temps

Dans ce long train qui traîne et de nos mots s’empare

Nous sommes voyageurs à la merci du vent

Nous sommes bien pareils avec nos amertumes

Nous sommes bien pareils habillés de soucis

Dans ce long train qui perce et transperce la brume

Nous sommes voyageurs vers des demains démis

Ah frère voyageur qui regardes les gardes

Dis-moi quel horizon abritera tes mains

Afin que nul billet ne pousse par mégarde

Ton tranquille aujourd’hui vers de pauvres demains

Oh frère voyageur mon pareil mon semblable

Qui tirera premier le signal d’arrêter

Afin que tes trajets gagnent fin à ma table

Et que nous partagions un peu d’éternité

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Neige

Je regarde par la fenêtre. La neige. Et soudain tout revient et se précise. Je comprends enfin clairement pourquoi je suis toujours fou de joie quand il neige.

En décembre 1944, à Vieux-Virton, les gens étaient heureux, parce que les Américains, depuis l’automne, étaient passés les délivrer. Moi-même, je m’en souviens, j’avais couru cueillir des roses dans le parterre devant la maison, pour courir les offrir à des soldats qui se méfiaient, n’étant pas sûrs que les Allemands avaient bien quitté le village. Octobre et novembre avaient donc été de calme et de confiance. Et puis fin décembre il avait neigé. Beaucoup, beaucoup neigé. Et j’avais beaucoup, beaucoup joué. Quelques rares photos en témoignent. Sur l’une d’elles, on me voit avec ma grand-mère, une boule de neige à la main, que j’allais sans doute jeter vers son rire. Et mon père m’avait fabriqué un beau traîneau que j’ai toujours dans mon salon. Jamais, j’en suis sûr, mon cœur n’a battu aussi paisiblement. Je savais que les armes, pour moi, s’étaient tues. Pourtant, à soixante kilomètres de Virton, Bastogne allait connaître l’horreur. Mais comment l’aurait-on su ? Ma seule télévision, c’était ces prés blancs comme la joie, où j’allais sans cesse descendre et remonter, sous l’œil bon d’une grand-mère qui m’aima comme, je crois, personne ne m’a jamais aimé.

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TV

TV

Je viens de voir l’émission que Jean-Pierre Pirson m’a consacrée. Comme d’habitude, satisfait de son travail et de celui des techniciens. Comme d’habitude, je me trouve un peu idiot.
Pour ceux qui ne parviennent pas à capter TV Lux, on peut essayer avec ce lien :

Vidéo : Claude Raucy, « Où es-tu Yazid » et « Le violon de la rue Lauriston »

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médias et terrorisme

J’admire ce lycéen français qui lance une pétition pour que les médias arrêtent de commenter longuement les actes des terroristes et de s’étendre avec complaisance sur leur personnalité. Droit à l’information ? On en fait tout ce qu’on veut de l’information ! A une époque, la nôtre, où le manque d’éducation est effrayant et où les jeunes sont déboussolés et avides de recettes guerrières, faut-il leur en donner ? Vaut-il pas mieux des reportages sur les jeunes héros de l’humanité ? Il y en a ? Bien sûr qu’il y en a, mais ils n’intéressent pas les journalistes apparemment.

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