collaboration

Je surprends toujours mes lecteurs quand je leur dis que je déteste écrire. C’est pourtant vrai : j’ai horreur d’être assis devant mon ordinateur, seul, pas sûr que je fais du bon travail, impatient de voir l’oeuvre terminée et prêt à l’abandonner au moindre découragement. Mais j’aime avoir écrit un livre, le voir publié, rencontrer des lecteurs. Pas simple, on le devine, ma situation.

Début juillet 2020, je me suis lancé dans l’écriture d’un court roman pour adolescents. J’étais plein d’enthousiasme mais je devinais bien ce qui allait se passer : après quelques jours, j’allais freiner, bâiller, laisser tomber. Eh bien non. Dès le début, j’ai eu la chance d’avoir un formidable assistant, un garçon de douze ans qui, tout de suite, m’a prodigué des remarques, des suggestions,des encouragements. Régulièrement, il m’écrivait qu’il attendait la suite, conseillait l’un ou l’autre changement, était vraiment le lecteur que j’attendais.

Fin juillet, le roman était terminé. Et, ma foi, j’en suis content. Il me semble avoir fait du bon travail. Il reste à espérer qu’un éditeur pensera comme moi !

Ce roman n’aurait jamais été écrit sans l’aide quasi quotidienne, sans l’enthousiasme de mon jeune lecteur. Le titre du roman, je le dirai plus tard, quand j’aurai eu un signe de l’éditeur. Mais le nom de mon lecteur, je veux l’écrire tout de suite. Et ce sera un bien petit merci à côté de ce qu’il a fait.

Il s’appelle Lenni Coppola. Retenez bien ce nom, on en reparlera !

Publié dans Non classé. Leave a Comment »

L’arche

Quarante jours et quarante nuits, c’est long, pensait Noé.

Bien sûr, il n’avait pas eu une minute à lui. Des brebis à traire. Des écureuils qui voulaient des histoires. Le chat à qui donner des souris en chocolat. Et les mouettes qui perdaient le nord.

Non, pas une minute à rêver des plages.

Pourtant, très à bâbord, le Poète continuait à noircir des pages et des pages.

– Vous écrivez quoi ? demanda Noé.

– Des choses. Pour après. Des mots à dessiner dans le sable quand la terre sera de nouveau à nous.

– Et vous croyez que c’est utile ? demanda Noé.

– Je ne sais pas. Peut-être. Je crois.

Publié dans Non classé. 1 Comment »

sagesse

Je trouve au mur chez ma sœur Annette ce poème que je lui avais envoyé pour son anniversaire, en mai 2011. Je n’en changerais pas un mot.

saluer le soleil et sourire aux nuages

écouter les oiseaux raconter leurs messages

puis marcher vers le jour avec des pas légers

emportant dans son coeur un rêve à partager

aimer l’hiver brumeux et la neige gentille

attendre le printemps pour cueillir les jonquilles

rire en voyant l’été quand les vergers chantonnent

puis saluer le vent et trouver bon l’automne

ne pas chercher devant ne pas fouiller derrière

mais courir le présent en fugues buisonnières

n’être que ce qu’on est mais l’être follement

pour faire de soi-même un précieux confident

se regarder rêver pour savoir qu’on existe

et que le temps n’est rien qu’un pauvre illusionniste

savoir qu’on est beaucoup mais que la vie est peu

et que l’on fait toujours de soi ce que l’on veut

Publié dans Non classé. 2 Comments »

Toussaint

Toussaint

le bavardage des chrysanthèmes

l’appel calme des en allés

Publié dans Non classé. Commentaires fermés sur Toussaint

Suite de l’histoire

René Follet (suite et pas fin)

Puisque certains me le réclament, je reviens au Doigt tendu et à sa première couverture. Je l’ai déjà dit, elle est l’œuvre de René Follet, ce dessinateur belge trop peu connu dans son pays. Né en 1931, il avait donc 47 ans quand les éditions Signe de Piste lui ont demandé de faire la couverture du Doigt tendu, ainsi que de nombreuses illustrations intérieures.

Les anecdotes ? Pour la 4e de couverture, Follet voulait dessiner le village de Saint-Mard vu du toit de la ferme où s’est réfugié Pierre. Nous avons eu une communication téléphonique que je reproduis à peu près :

– Vous connaissez Saint-Mard ?

– Non, mais je connais bien l’Ardenne, pas de problème.

– L’Ardenne ? Rien à voir ! La Gaume n’a rien de commun avec l’Ardenne !

– Ah bon ?

– Eh bien non… Mais si vous voulez, je peux vous envoyer une photo de ce que Pierre voit de son grenier.

– Bonne idée, mais il faudrait faire vite.

Je fis vite. Je me rendis dans cette maison (qui est en fait celle où habitaient mes grands-parents pendant la guerre) et j’eus cet entretien :

– Est-ce que je pourrais aller dans votre grenier pour prendre une photo de Saint-Mard par la tabatière ?

– ???

– C’est pour un roman que j’ai écrit. Pour l’illustration.

Malgré son étonnement, le propriétaire me laissa monter dans le grenier. Je n’osai pas imiter Pierre et grimper sur le toit, mais je pus quand même prendre une photo, que j’envoyai sur-le-champ à René Follet. Il supprima deux ou trois choses, pour éviter les anachronismes, et le résultat fut cette 4e que j’essaie de vous montrer maladroitement.

Quand je reçus le livre, je fus surpris par le fait que Jacques, contrairement à mon texte, ne portait pas de béret alpin. Je téléphonai immédiatement à Follet, qui s’expliqua.

– C’est vrai. Mais il y avait déjà quatre couvre-chefs : les chapeaux des deux agents de la Gestapo et les deux casques des soldats. Cinq, c’était trop… Et puis je vous avouerai que j’adore dessiner des cheveux…

Puisqu’il le disait ! J’ajoutai :

– Vous savez, Jacques, le traître, il a une bonne figure sur votre couverture. Pas vraiment la tête d’un salaud.

– Parce que vous pensez que les salauds ont une tête spéciale ?

Il avait raison.

Mais les problèmes continuèrent. Follet voulait, pour d’autres éditions, habiller Jacques autrement, modifier la couleur du pull, lui mettre une autre chemise…

J’eus bien du mal à mettre mon texte en conformité !

Pas de problème pour la récente dernière édition ! Les vêtements ont disparu, les ennemis aussi. Il ne reste qu’un œil triste et un peu inquiet…

Mais je n’ai plus modifié la description de Jacques !

Publié dans Non classé. Commentaires fermés sur Suite de l’histoire
%d blogueurs aiment cette page :