mise au poing

On ne se méfie pas assez des poètes. Parce qu’ils ne crient pas très fort d’habitude. Et pourtant. C’est en poète que je dis que ce qui se passe en mai 2016 dans notre Belgique trace les premiers pas d’un régime dictatorial dont les gens, hélas, ne se doutent pas. Des mots, des mots, des mots. Des mots qui ne veulent rien dire. Des mots qui parlent de travail et qui disent de ne pas travailler. Des mots qui coupent un pays en deux insidieusement sans savoir, ou le sachant bien, ce qui se passera après. Ramasser des pavés, hurler, revendiquer. Mais revendiquer quoi qui n’ait déjà été obtenu ? Répéter des phrases qui ne disent rien en croyant dire tout. Et au profit de qui si ce n’est de quelques guignols qui emmagasineront des voix, auront le pouvoir des pavés et dicteront leur loi. Avec sans doute un profond mépris pour ces étudiants qui devraient pourtant représenter l’élite de demain.

Je n’ai pas entière confiance dans le régime parlementaire mais qui peut raisonnablement admettre que quelques excités, méprisant travailleurs et étudiants, veulent dire comment les choses du pays doivent aller ? Quels hommes plus dignes de diriger un cirque, avec des clowns doués, peuvent-ils faire la loi à un pays ?

Claude​ Raucy​

" Il ne lui fallut que quelques minutes de recherche pour apprendre que le délégué syndical qui l’avait bousculé avait bien fait des études. Il était diplômé d’une école du cirque wallonne, section clownerie."
(Claude Raucy, Les marionnettes du gobelet, éditions Poing levé, 2016)

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Une Réponse to “mise au poing”

  1. Claudine Bertrand-Paradis Says:

    Vue de loin (du Canada où je vis), la Belgique tient du pays où l’enfantillage est roi : on tape du pied, tire la manche de maman, dénigre le petit frère quand on n’arrive pas à ses fins!

    Le Soir et Le Monde débordent de commentaires de lecteurs cyniques et racistes (la France ne surnageant pas mieux que sa voisine). Il serait peut-être temps de se serrer les coudes et de s’élever au-dessus des mêlées partisanes.

    Une Belge pas trop fière de son pays,

    Claudine Bertrand-Paradis


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