Mon ange gardien

Je ne suis pas ce qu’on peut appeler un croyant inconditionnel. Parmi les phénomènes qui me laissent un peu rêveur, outre la Trinité, il y a les apparitions d’une Vierge habillée comme dans les images d’Epinal et surtout, surtout : les anges gardiens. Et pourtant…

Il y a une vingtaine d’années, me promenant via dei Calzaiuoli à Florence, comme je quittais une vitrine de Lalique pour passer au négoce suivant, je sentis une main qui me retenait fermement et me faisait reculer. A ce moment, une partie de la façade voisine s’écroula dans la rue. J’étais sauf. Personne à côté de moi, pourtant. J’étais sûr néanmoins qu’une main ferme m’avait empêché de poursuivre mon badaudage.

Il y a deux ans, me précipitant à la Foire du livre de Bruxelles, je trébuchai, tombai sur le pavé, évitant de justesse un pylône en béton qui m’aurait fendu le crâne. Quelqu’un fut près de moi à la seconde, me réconforta, me fit soigner, me souhaita une bonne journée.

En novembre dernier, alors que je sortais tout guilleret de chez un cardiologue qui m’avait rassuré sur mes artères, je trébuchai à nouveau, faillis passer sous les roues d’un autobus, cognai de la paume sur les pavés et me relevai un peu étourdi. Qui donc m’avait fait ce croc-en-jambe sauveur ?

Je pourrais multiplier les anecdotes à l’issue desquelles je me félicitai chaque fois d’avoir de la chance.

Et alors ? me direz-vous. Et alors rien, bien sûr. Ma chance habituelle. Sauf que…

Sauf que depuis l’enfance j’hésite quand même à croire aux anges gardiens, à cause de leurs plumes et de leur air trop… angélique.

Je racontais cela à des étudiants du collège Saint-Augustin d’Enghien, disant que j’aimerais quand même savoir qui était mon ange gardien et comment je devais l’appeler, quand un adolescent souriant me souffla :"C’est peut-être moi…"

Pourquoi pas, après tout ? Il s’appelait Jessy.

Plus tard ce jour-là, dans le couloir, quelqu’un m’apostropha pour me souhaiter une bonne fin de journée. Chacun sait que je ne suis pas physionomiste. Je dévisageai donc l’inconnu et lui demandai qui il était. Avec un sourire, désarmant, il me répondit :"Mais je suis votre ange gardien. Jessy…"

Si je dis que je n’y crois pas, ne me croyez pas.

Au moins, maintenant, quand je prie mon ange gardien, je peux lui donner un prénom. Jessy. Un ange à la mode, somme toute.

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Publié dans Non classé. 3 Comments »

3 Réponses to “Mon ange gardien”

  1. Claudy Véro Says:

    C’est délicieux ton histoire d’ange gardien, cher Claudio ! Tu ne le sais peut-être pas, mais j’ai une place à part pour « Firenze » dans mon coeur d’amoureuse… souvenirs… souvenirs… Durant mon adolescence, j’ai eu la chance de visiter deux fois Florence (en excellente compagnie). Mais n’en disons pas plus.
    Je crois aux anges gardiens et je connais très bien le mien, je fais souvent appel à ses services pour retrouver tout ce que mon cerveau d’éternelle distraite égare (principalement ce qui se trouve sous mes yeux). Pas toi ?
    Allez, ce ne sera pas un gros effort pour toi de trouver son prénom…

    Ciao

    Véronica

  2. Daniel Paradis Says:

    Bonjour Claude,
    Je te crois volontiers quand tu parles de cette protection et c’est tout à l’honneur de cet être invisible de t’aimer assez pour intervenir ainsi en ta faveur et carrément te sauver la vie par moments. Oublie la représentation naïve avec des plumes. On peut l’appeler n’importe comment : l’essentiel est sa présence. Logiquement tu peux aussi lui parler, ne serait-ce que pour le remercier.
    S’il n’avait pas été là, pense un peu à tous ces segments de vie qui n’auraient pas existé chez toi. Entre autres, nous n’aurions pas eu le plaisir de te connaître. Dis-lui merci de ma part aussi.

    Daniel (du Québec)

  3. magaligodin Says:

    Monsieur Claude Raucy,
    Je suis élève de deuxième année secondaire au Collège Saint-Augustin d’Enghien, et je fais partie d’une classe qui recevra votre visite sous peu. Mon enthousiasme ne me fera pas défaut, car j’attends votre venue avec impatience. Bien qu’étant d’une nature fort timide, j’espère la dépasser, étant donné que j’ai de nombreuses questions à vous poser. Par contre, je ne suis l’ange gardien de personne, et ça je peux vous l’assurer.
    Bonne fin de semaine,
    Magali, treize et presque quatorze ans


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