Foire du livre

Il y a des emmerdeurs et des prétentieux partout. Mais dans le monde littéraire plus qu’ailleurs.

Hier, à la Foire du livre de Bruxelles. Face à moi, un écrivain dont j’apprécie plus les oeuvres que l’homme. Mais bon. Je reproduis simplement notre dialogue :

– Claude ! Comment vas-tu ?

– Ben… Pas mal. Des petits ennuis de santé mais je n’ai pas à me plaindre : je fais ce que j’aime, j’écris et, ma foi…

– Moi, je suis occupé à un recueil de poèmes sur le thème des guêpes. Tu comprends, il y a beaucoup de choses à dire sur les guêpes. Oh, un autre que moi perdrait son temps à parler de leurs moeurs. Moi, je les prends comme exemple de… Comment dire ? Tu comprends, je les observe. J’ai un œil qui aime… Voilà. Il ya aura trente poèmes. Classiques, bien sûr. J’aimerais montrer… C’est fascinant, tu sais, il ne faut pas croire que le monde de ces petites bêtes…

– Tu as raison. Moi aussi, dans mon roman…

– J’en ai deux en route, de romans ; j’arrive à montrer la fragilité des destins. L’homme face à son espérance. Fascinant. C’est là que je suis le meilleur je crois. Tu ne crois pas ?
– Si, si. D’ailleurs…

– Le théâtre, je ne m’en occupe plus. Les comédiens sont trop prétentieux. Ils finiraient par faire croire que les dramaturges, c’est eux. Trop facile. Et toi, le théâtre ?

– Ben moi, j’ai…

– Non, le plus difficile, tu vois, c’est la poésie. Il y a tellement d’imbéciles qui se croient poètes. Moi, dans mon recueil Face aux abîmes, j’ai essayé de montrer la vanité des choses. Et sans me vanter, j’y suis parvenu. On ne m’en dit que du bien. Encore hier, dans La libre.. Mais tu ne me parles pas de toi !

– Ben moi…

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Publié dans Non classé. 4 Comments »

4 Réponses to “Foire du livre”

  1. Lamoline Says:

    Un nom, un nom!!!!…

  2. Jea Says:

    Ego-nombrilisme et rencontre ratée. Passés l’un à côté de l’autre sans vraiment se voir…Cette sensation que tu décris si bien, je la connais aussi, comme tant d’autres. Le pire est encore que ceux qui ne parlent que d’eux – j’en fais sans doute parfois partie – ne se rendent pas compte qu’il faut un temps pour se taire, pas seulement pour donner de ses nouvelles et autres considérations sur le monde.
    Merci Claude, et à te relire.

  3. Loïse Says:

    Bien évidemment, le Salon du livre de l’Outaouais est fort loin, en importance, de la Foire du livre de Bruxelles. L’ego-nombrilisme y est malheureusement aussi présent. Mais bon, «ousqu’y a de l’homme, ‘y a de l’hommerie».
    Toutefois, quand on a nos coup de coeur, attention à nous ! Au stand de Vent d’Ouest, aujourd’hui, j’ai acheté Le crime des bleuts sauvages. C’était le dernier qui restait sur l’étagère…Les autres, pouf ! volatilisés. D’urgence, il a fallu aller en chercher d’autres.
    Bravo Claude ! Et quels beaux souvenirs. J’en ris encore.

  4. Lysette Says:

    Ce matin même, après le Salon du livre de l’Outaouais, j’écrivais ceci à une amie…

    Au ralenti aujourd’hui. J’ai besoin de silence. Que c’est étourdissant tout ce monde autour de nous pendant quatre jours ! Et certains auteur.e.s ont des « égo » si démesurés que je m’éteins alors. J’ai peur de devenir ainsi… et je m’interroge. Le suis-je déjà ? Oui, il y a parfois des épidémies de « moi, moi, moi » dans ces salons.

    J’essaie toujours de rester zen, mais par bouts, je ne suis pas à la hauteur. Je suis happée dans le tourbillon des rencontres, des ventes, des activités et j’ai l’impression de me perdre. 38,000 personnes ont franchi le seuil du SLO, ce n’est pas rien!

    J’ai acheté beaucoup de livres par solidarité, par amitié, par intérêt aussi… Dieu seul sait quand je réussirai à tout lire. Il se crée de très belles choses au pays de notre littérature outaouaise.

    Les organisateurs doivent être épuisé.e.s. On leur doit une fière chandelle.


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