queues

Mon ami Tony, fin des années 50, avait réuni à Liège, autour de lui, un petit cercle d’amis dont les mots d’ordre étaient la fantaisie et le culte immodéré de tout ce qui était britannique. Même le négligé de nos habits, le thé préféré au café et une certaine contrainte dans la marche devaient nous éloigner de tout ce qui était haïssable et qu’on appellerait peut-être de nos jours le parisianisme. Pauvre Tony disparu, dont le prénom était déjà un symbole, c’est à toi que j’ai pensé souvent ces jours derniers, retrouvant Londres et son flegme nerveux, ses coutumes à peine changées depuis un demi-siècle et surtout l’incroyable courtoisie des gens. S’il me fallait dire ce qui sépare Londres de Paris, il me suffirait de conseiller de passer quelque heures dans le métro de l’une et l’autre cité. A Paris, l’indifférence, le sordide et l’agressivité. A Londres, une disponibilité bonhomme des employés, une foule jamais étouffante, bref un art de vivre poli.

Oh je sais tout ce qu’on va me rétorquer ! Que les habits ne fassent pas les moines, je l’ai vécu dan bien des pays, à commencer par le Québec. Et je me souviens d’une matinée de 1965, à Londres justement, où, distraits ma femme et moi, nous n’avions pas tenu compte de la file qui attendait l’autobus. On nous fit remarquer gentiment mais fermement qu’il y avait une queue. A peine avais-je commenté la remarque à ma femme en louant cette discipline souriante que l’autobus arrivait et que chacun bousculait tout le monde. Bah, l’honneur était sauf : il y avait eu une queue !

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Publié dans Non classé. 2 Comments »

2 Réponses to “queues”

  1. Daniel Paradis Says:

    En 1973, à mon premier voyage en Europe, j’avais vu dans une cafétéria de Londres : « It is not necessary to leave any gratuity. » Plus tard, dans une cafétéria de France : « Pourboire interdit. » Premier choc des mentalités.

    N’empêche, brave homme, il y a aussi une différence entre l’Angleterre et l’Écosse sur le plan de l’attitude envers les gens. Lors d’un autre voyage en 1974, à Londres, j’avais demandé à un Monsieur de m’indiquer un restaurant. Il a réfléchi une seconde (« Restaurant. »), puis m’a dit où aller de façon fort civile et courtoise. Plus tard au cours du même voyage, je demande la même chose à une dame à Edimbourg : ELLE ME PREND LA MAIN («Let’s see, I think there is one over there…»), m’entraîne un peu plus loin et me dit où aller. Dans les deux cas, une belle expérience, quoique plus chaleureuse en Écosse.

    Bonne journée et bonnes séances de signature au cours des jours qui s’en viennent, Claude!

    Daniel

  2. bourgonm Says:

    Bonjour cher Claude,

    J’aime bien votre article, on y sent la chaleur des relations humaines, mais il y a une phrase que je saisis moins bien. La voici : « Oh je sais tout ce qu’on va me rétorquer ! Que les habits ne fassent pas les moines, je l’ai vécu dans bien des pays, à commencer par le Québec.  »

    Pourriez-vous nous préciser votre pensée.

    Merci et portez-vous bien 🙂

    Du Québec et même de Gatineau!

    Amitiés,

    Michèle Bourgon 🙂
    ps: Notre recueil des meilleures nouvelles est enfin sorti ! Votre très beau texte y paraît. Peut-être que si vous demandiez à un noble représentant de la très Belle Gique de vous en rapporter un exemplaire, vous en profiteriez plus rapidement. À bientôt 🙂


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