Sagesse

Quand j’avais vingt ans, je croyais sublimes tous les mots que j’écrivais et rayer une ligne d’un de mes textes m’arrachait des larmes.

Un demi-siècle plus tard, j’ai compris. La sagesse n’est pas d’ajouter des adverbes, mais de les supprimer. Et de détruire courageusement, dans un roman, tout ce qui risque de ne pas plaire au lecteur. Car, les classiques l’ont compris depuis longtemps, il n’est qu’une vraie loi littéraire : plaire.

C’est pourquoi, après les conseils de mon ami Alain Bertrand, j’ai tant de plaisir à revoir les pages de ma petite saga Le pain du diable, pour biffer des états d’âme inutiles et ajouter un peu de gomina sur les cheveux de mon héros.

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Publié dans Articles. 2 Comments »

2 Réponses to “Sagesse”

  1. bourgonm Says:

    Plaire ? Bah… on ne peut pas plaire à Dieu et à son père.
    Plaire ? Non, je ne crois pas. Il faut écrire pour se plaire à soi; ensuite, notre public nous rejoindra.
    Plaire à tous ? Impossible.
    Des amis à moi travaillent leur écriture comme des orfèvres. Ça ne me plaît pas. D’autres écrivent mal sous prétexte de spontanéité. Ça ne me plaît pas non plus.
    Il faut de tout pour faire la littérature.

    Michèle

  2. Daniel Paradis Says:

    Lors d’une interview, David Gilmour, l’excellent guitariste de Pink Floyd, a déjà dit que, pour réaliser une œuvre d’art (dans son cas, c’est la musique), il faut d’abord se plaire à soi-même. Si l’on écrit SEULEMENT pour plaire à quelqu’un d’autre, on ne plaira à personne. Bien sûr qu’il faut, dans une certaine mesure, s’adapter à celui ou à celle qui lira notre livre (les comités de lecture des éditeurs, voire l’éditeur lui-même, nous le précisent à souhait), mais ça fait partie des corrections. Le jus initial, c’est nous. L’auteur a droit à une fierté légitime, du moment que la tête n’est pas trop enflée pour passer une porte.


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