naufrages d’aquarium

Pourquoi n’écrit-on la mer qu’avec des notes d’hier et d’avant, elle qui tressaute de vagues pourtant et de poissons d’aujourd’hui aux yeux mélancoliques ? Pourquoi la plage n’a-t-elle du sable que des souvenirs et des coquillages d’autrefois et des traces de pieds enfuis pour quels ailleurs ? On se sent si fragile capitaine au balcon, si apte seulement à de tout petits naufrages dont la presse oh non ne parlera pas.
On se sent si démuni, sans rames, sans voiles.
Mais on n’ose dire à la mer qu’elle est la reine des salopes.
Alors on prend une voix de dame blanche et de pralines et on dit à la mer qu’on l’aime, qu’elle est la seule maîtresse, la tenancière des bonheurs.
Et la mer, stupide parce qu’immense, revient lécher les rivages où l’on fut heureux, rapporte les mêmes coquillages chargés de sel et d’aventures et l’on croit, l’espace d’un vent anglais, que rien n’a disparu de ce qui fit joie.
Et la mer, putain magnifique, s’agite un peu, jouit et dit qu’elle aime cela. Et qu’elle reviendra
Mais les amours naufragées ne reviennent jamais.

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Publié dans Articles. 1 Comment »

Une Réponse to “naufrages d’aquarium”

  1. Dony Aurélien Says:

    Très beau texte…


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