orages

Les orages d’Amérique sont bien plus polis que leurs cousins européens. Alors que ces derniers s’emparent du ciel comme des bandits, les orages d’Amérique peignent lentement l’horizon de merveilleuses taches bistres, qu’ils éclairent fort souvent de rayons parme. On sait qu’ils viendront. Dans une heure, en fin d’après-midi, n’importe. Ils se sont fait annoncer. Ils attendent. Quand l’heure est venue, ils jettent dans le ciel de grandes nappes bleu outremer ou turquoise, qu’ils font aller et venir, à droite à gauche, un peu plus à l’est, très loin puis presque au-dessus de vous. Ils s’amusent, les orages américains. Comme les gens de là-bas, ce sont de grands enfants. Quand le ciel a accepté de leur appartenir, ils toussent deux ou trois fois, pour attirer l’attention. Puis ils tirent de leurs poches ces lampes qui vont commencer à éclairer vos peurs. Alors, seulement, ils grondent, grommellelnt, tonnent. Cela dure ce que durent les hortensias dont ils courbent les têtes de communiantes. Et puis, ils s’en vont sur la pointe des pieds, laissant la pluie laver leurs gamineries. Et vous restez là, ébloui, ému, ensorcelé. Ravi de tant de grâce et de gentillesse.

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Publié dans Articles. 5 Comments »

5 Réponses to “orages”

  1. Elise Says:

    Note pour le webmaster: il manque une option ‘J’aime’. Parce que, parfois, on aime mais on n’a pas forcément de commentaire à laisser.

  2. Daniel Paradis Says:

    Bref, nos orages sont hypocrites : ces cachottiers gardent leur beau visage pour les poètes et les Belges.

    Petits coquins, va!

  3. Michèle Bourgon Says:

    Quel beau texte !

    Vous trouvez que nous sommes de grands enfants ? Pourquoi cela ?

  4. loulou Says:

    Je n’ai jamais vu de si beaux orages qu’en lisant votre texte!


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